Sur la dictature des marchés, une suggestion : reprendre Marx, Capital, livre 3.
Appuyé sur l’analyse de la loi de la valeur et de la plus-value, il montre comment le capitalisme financier tend à s’imposer au capitalisme industriel et commercial.
Du triple point de vue logique, économique et historique.
La baisse tendancielle du taux de profit, génératrice de crises périodiques, est générée par la concurrence universelle entre les agents économiques.
D’où, pour la réduire, la recherche effrénée de gains de productivité, l’accélération du procès de travail, l’épuisement et la stérilisation des ressources de la terre, la baisse des salaires, le développement illimité du crédit, les bouleversements technologiques incessants, l’importance et l’obsession de la recherche avec toutes leurs conséquences existentielles, notamment l’épuisement de la force de travail des esclaves salariés modernes.
Mais aussi la guerre commerciale, continuation de l’échange mais par d’autres moyens, la mise en coupe réglée de la planète, de ses ressources énergétiques, de ses matières premières et ses sequelles conflictuelles.
Le capitalisme sous domination financière exige de ses serviteurs, quelle que soit la place qu’ils occupent dans la division technique et internationale du travail, comme de ses zélateurs, des vertus d’adaptabilité, de mobilité, de flexibilité.
Se soumettre au Marché est devenu un impératif catégorique éthique, juridique et politique : il faut obéir au diktat de l’idéologie dominante -véhiculée par la presse, sur les ondes et plateaux de télévision par les représentants des instituts de sciences politiques, de leurs satellites-, et des réseaux d’influence relayés par une cohorte de politologues, d’éditorialistes, de prescripteurs et autres censeurs …
Il faut déférer aux lieux communs de l’indiscrète Pensée sciences-po : démocratie (mercantile)/ droits de l’homme (capitaliste)/ développement (croissance) durable.
Idéologie consensuelle, dernière expression de la pensée unidimensionnelle jadis analysée par Herbert Marcuse : l’anthropologie travailliste.
Point d’alternative : faire sécession est un projet désormais impossible ou “relevant de la pathologie mentale"…
Obtempérer à cette civilisation, à ses rythmes, à ses valeurs, est une exigence psycho-sociologique présentée comme incontournable, puisque, si le capitalisme planétaire devenu totalitaire est avant tout un mode de production, c’est aussi un mode de penser, d’agir, de sentir et d’être affecté.
Sur ce point reprendre le concept élaboré naguère par jean François Lyotard, d’économie libidinale.
Nous vivons une époque grégaire d’hallucination collective qui, selon certains, pourrait sonner le glas de l’espèce humaine…
Martin Heidegger, commentant le Travailleur d’Ernst Jünger ( 1930), avait anticipé cette figure et ce style d’existence avec précision, dès les années trente… figure devenue destin collectif.
Le paradoxe est ironique : c’est le libéralisme en acte, le libre échange, qui aura unifié, uniformisé, homogénéisé le genre humain.
Dans un climat de guerre civile généralisée.
Par la dictature du marché -qui n’est que l’avidité mondialisée-, il aura généré… ce à quoi aspirait le mouvement communiste : la fin de l’"histoire universelle” ( cf le Deuxième Congrès de l’Internationale communiste, 1920 ).
Manifestation imprévue de… la ruse de la raison, selon Hegel / Kojève…
Philosophie pataphysique, chrestomathie
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