Catégorie: dieu

De dieu...

17.01.09 | par Claude [mail] | Catégories: absolu / relatif, dieu, gnose/ religion/secte/superstition/dieu

1.1. Définition 1. Thèse Nous appelons Dieu un vivant éternel parfait. Aristote, Métaphysiques. Livre lambda § 7.

1.2. Définition 2. Thèse ( Ou ) par le nom de Dieu, j’entends une substance infinie, éternelle, immuable, indépendante, toute connaissante, toute puissante et par laquelle, moi-même et toutes les autres choses qui sont ont été créées et produites. Descartes, Méditations métaphysiques. 3.

1.3. Définition 3. Thèse ( Ou encore ) Je parle de Dieu comme de la source d’où sortent tour à tour par un effet de sa liberté les courants ou élans dont chacun formera un monde : il en reste donc distinct. H. Bergson, Lettre au Père de Tonquêdec.

1.4 Existence de Dieu. Démonstration ( En effet ) … on ne peut penser quelque chose dont on ne peut rien concevoir de plus grand et dans l’intelligence et dans la réalité. saint Anselme de Cantorbury, Proslogion. 2 et 3.

1.5. Critique de l’argument ontologique. Objection ( Cependant ) si donc je conçois un être comme la suprême réalité, il reste toujours à savoir si cet être existe ou non. E. Kant, Critique de la raison pure. Idéal de la raison pure.

1.6. Rôle de Dieu. Précision ( Néanmoins ) Dieu et l’immortalité de l’âme sont des postulats de la morale et du devoir. E. Kant, Critique de la raison pratique.

1.7. Connaître Dieu 1. Réponse 1 ( Cependant ) le divin est au fond de nous-mêmes. saint Augustin, Confessions, 10, 27.

1.8. Connaître Dieu 2. Réponse 2 ( et ) c’est le coeur, non la raison, qui sent Dieu Pascal, Pensées.

1.9. Conclusion philosophique 1. Anathème Pourquoi l’insensé dit-il en son coeur : ” il n’ y a pas de Dieu “, alors qu’il est si évident à l’esprit raisonnable qu’il existe plus que tout ? Pourquoi, sinon parce qu’il est sot et insensé. saint Anselme, Proslogion 2 et 3.

1.10. Conclusion philosophique 2. Nécrologie ( Affirmons que ) Dieu est mort. Nietzsche, Le Gai Savoir .

1.11. Conclusion philosophique 3. Indignation ( et que ) l’idée de Dieu, avec tous les concepts qui en découlent, nous vient des antiques despotismes orientaux. C’est une idée absolument indigne d’hommes libres. La vue de gens qui, dans une église, s’avilissent en déclarant qu’ils sont de misérables pêcheurs et en tenant d’autres propos analogues, ce spectacle est tout à fait méprisable. Leur attitude n’est pas digne d’êtres qui se respectent. […] Un monde humain nécessite le savoir, la bonté et le courage; il ne nécessite nullement le culte et le regret des temps abolis, ni l’enchaînement de la libre intelligence à des paroles proférées il y a des siècles par des ignorants. Bertrand Russell, Pourquoi je ne suis pas chrétien, 1927. Extrait.

1.12. Conclusion philosophique 4. Anecdote : Dieu doit son existence à la confusion de l’esprit humain. C’est ce qui m’apparaissait avec évidence, ce matin, tandis que j’écoutais des jeunes gens discuter de leur foi. Ils célébraient ou niaient Dieu avec la même frénésie. Mais outre que chacun eût été bien embarrassé si on lui eût demandé de le définir, on en eût pas trouvé deux pour en trouver la même définition. Dieu est la plus noble de nos idées vagues. Le seul moyen de croire en lui semble bien être de ne pas trop se demander ce qu’il est… j’ai rarement mieux saisi qu’en écoutant les divagations de ces jeunes gens le caractère révolutionnaire des idées claires et distinctes. Jean Guehenno, Journal des années noires, 03.12.1941.

1.13. Conclusion philosophique 5. Blasphème :

Quelle est cette chimère impuissante et stérile,
Cette divinité que prêche à l’imbécile
Un amas odieux de prêtres imposteurs ?
Veulent-ils me placer parmi leurs sectateurs ?
Ah! jamais, je le jure, et je tiendrai parole,
Jamais cette bizarre et dégoûtante idole, cet enfant de délire et de dérision
Ne fera sur mon coeur la moindre impression.
Content et glorieux de mon épicurisme,
Je prétends expirer au sein de l’athéisme
Et que l’infâme Dieu dont on veut m’ alarmer
Ne soit conçu par moi que pour le blasphémer…
Sade, Donatien… Marquis de, La Vérité.

Conclusion ‘patasophique :
1. Dieu est un mot de quatre lettres : une consonne et trois voyelles…
2. Prière / pastiche :
Ô Père Ubu, j’ai un très grand plaisir de vous avoir honoré parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable et que la ‘pataphysique vous agrée.
Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte grâce, de ne jamais vous offenser et de faire de vous ma substance.

Fraternité de Patagonie septentrionale, Bréviaire.

Citation : Exercice de ‘pataphysique appliquée : Calculons la surface de dieu…
Dieu est le plus court chemin de zéro à l’infini Alfred Jarry, Faustroll, Ethernité, 8.41.

Centons ‘patasophiques.

Dieu

13.05.08 | par Claude [mail] | Catégories: dieu

- Dieu est… un mot de quatre lettres.

Un ordre de réalité parfait, indépendant et autosuffisant, est-il possible ?

1. Absolu se dit de ce qui est en soi et par soi, indépendamment de toute autre chose. Ainsi, dans le langage de l’Ecole, de la substance par rapport à l’accident.

Par suite, est défini absolu ce qui a en soi même sa raison d’être et qui n’a besoin -ni pour exister ni pour être conçu- d’aucune autre chose.

Et par opposition à relatif : qui est tel par lui-même ou considéré en lui-même et non par rapport ou relativement à autre chose.

Par suite encore et selon les traditions, on nomme Dieu, Brahman, Tao, Nature naturante, etc., l’inconditionné conditionnant, l’Etre de qui tout dépend, ce à quoi tout autre être est relatif.

D’où aussi l’idée de chose en soi, désignant toute réalité -à jamais inconnaissable pour le relativisme, le positivisme, le kantisme ; supposée accessible cependant par des voies différentes de celles empruntées par l’intelligence discursive : intuition métaphysique, extase mystique, vision poétique, déréglement de tous les sens, rire, Pal, étreinte érotique, etc.

D’où enfin l’idée de Pouvoir absolu, caractère de tout Pouvoir politique auquel on ne peut que consentir dès lors qu’on décide de quitter l’état de nature et qu’on accepte les conséquences du passage à la société civile, quels que soient les régimes historiques/empiriques du commandement et de l’obéissance ( Hobbes ).

2. Est dit relatif tout ce qui se rapporte. Et qui, de ce fait, avec la dépendance, est censé exprimer la limite et l’imperfection.

Le relatif ne se conçoit que par contraste avec une existence en soi et par soi.

Ainsi la Création est relative… au dieu ; un être vivant est relatif au réseau des circonstances et conditions extérieures où il apparaît et se déploie ; l’oeuvre d’art est relative… au poète.

Et la multiplicité des lignes d’univers ( désordre des phénomènes ) est la relativité même.

Il n’existe aucun système de référence universel par rapport à quoi on puisse mesurer un mouvement ( A. Einstein ), justifier des moeurs, des codes et des usages sociaux, fonder une idéologie ou établir la légitimité d’un type de distribution des pouvoirs ( régime politique ).

3. Est dit ‘patasophiquement absolu, le relatif du relatif: un mot.

En ce sens la relativité est l’absolu, en soi et par soi et le relativisme est le vrai.

Dans le système des désignations.

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Philosophie pataphysique, chrestomathie

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