Catégorie: chaos, antichaos

Illusions politologiques : libertariens et /ou communautaristes...

A propos du dilemme de… métaphysique politologique opposant libertariens et communautaristes…

1. Une ” société juste ” est l’ expression d’ un genre littéraire : l’utopie sociale.
Une Idée de la raison pure pratique ( au sens de Kant… )
Un rêve.
Une société sans contradictions, pacifiée selon le fantasme de l’irénisme politique. ( le “dimanche de la vie” après l’Histoire et la tragédie… selon Hegel relu et commenté par Kojève et son éditeur… Raymond Queneau.)
L’idylle.
Cité platonicienne, Oumma et Califat musulman, Cité du soleil, rêves saint-simoniens, Paradis communiste/fasciste/hitlérien, Vision républicaine libérale/sociale-démocrate/écologique…
Autant de paradigmes, de songes totalitaires:
-où les singularités, les différences empiriques seraient composées dans un ensemble “harmonieux” ;
-où la partie prendrait place dans la totalité qui lui conférerait signification et valeur ;
-où justice commutative, justice distributive et discrimination positive, l’ échange réglé par le Droit et le Mérite reconnu par l’Autorité constitueraient les fondements d’un Ordre pacifié.

2. Mais il n’y a de fait ni “Société “, ni “Justice” réalisées.
Ce ne sont que des fantasmes d’intellectuels, des idées et des valeurs, des fictions devenues Idoles que l’individu devrait respecter sinon vénérer et auxquelles il lui faudrait se subordonner, voire se sacrifier.
La Société est tout, tu n’es qu’à travers elle, que par elle, que pour elle … tel est l’impératif catégorique, le credo du totalitarisme communautaire et sociétaire.
Et le Ministère public, à l’audience, de défendre les “intérêts généraux de la Société “…

Ce qui enveloppe le postulat de l’existence d’un “bien commun “.
-Quelle est la valeur de cette idée ?
Une réponse parmi tant d’autres et qui substitue l’analyse des faits aux fictions politologiques…
Il n’existe aucune entité consistant dans un bien commun uniquement déterminé sur lequel tous les hommes puissent tomber d’accord ou puissent être mis d’accord par la force convaincante d’arguments rationnels, affirmait ainsi J. Schumpeter (Capitalisme, socialisme et démocratie ).
Et il ajoutait : … le bien commun doit nécessairement signifier des choses différentes pour des individus et des êtres différents.
En effet…
Dans l’Idéologie allemande, Marx en donnait la raison et y décelait l’origine de l’Etat :
C’est justement cette contradiction entre l’intérêt particulier et l’intérêt collectif qui amène l’intérêt collectif a prendre, en qualité d’ Etat, une forme indépendante, séparée des intérêts réels de l’individu et de l’ensemble et à faire en même temps figure de communauté illusoire…
Poser enfin comme postulat qu’il existe une réalité comme “l’intérêt général ” suppose qu’on se situe dans le cadre philosophique d’une vision holistique de la société, par exemple la “nation ” ou , ce qui est plus d’actualité, la prétendue “fédération internationale des peuples libres “, perçue comme une totalité, un être objectif s’imposant aux citoyens qui en sont les membres.
Cf les thèses de la Nouvelle Droite des années Quatre-vingts. ( cf Nouvelle Ecole et Alain de Benoit )…
On voit que les hégéliens de droite et les hégéliens de gauche, animés d’un même souci totalitaire et solidariste, peuplent le purgatoire sociétaire de leurs bonnes intentions…

3. Quant à la politique des “intellectuels”, ces natures inquiètes et brouillonnes ” (Descartes, Discours de la méthode, 3), ceux qui prétendent naïvement ” faire le bonheur d’autrui”, -car ils savent, eux, ce qu’est la définition réelle et non pas simplement nominale du bonheur individuel et collectif -, est-elle autre chose que le substitut de la religion.
A destination de quelques nigauds et des crédules..
Une sotériologie dont ils se proclament les Grands prêtres… la “crise” (sic) du “système capitaliste” (resic) se substituant à la détresse et à la vulnérabilité de la créature…
Comme s”il existait quoi que ce soit tel un “système ” capitaliste… ce qui revient à constituer les relations économiques en jugement analytique, à substituer la nécessité à la contingence dans la lecture et l’interprétation de l’événementiel…

4. Enfin, pour ce qui est des inégalités, de nature et de convention, comment ne pas voir qu’elles sont l’ordinaire des relations humaines.
Tout simplement parce que le réel est une fonction ontologique de… singularité.
Tout être désire persévérer dans son être, constataient Spinoza puis Nietzsche. L’égocentrisme ( représentations et affections ) est le fondement du comportement du vivant comme il est bien la source -fût-elle dissimulée- de ses valeurs.
Vivre c’est exploiter, être exploité, parasiter, être parasité ou encore tenter stratégiquement la symbiose.
Et c’est.. reproduire indéfiniment le processus..
La lutte des classes n’est qu’un cas particulier de la lutte des places… depuis l’origine de la vie, cette immense et indéfinie… chaîne alimentaire.
Irréductiblement, quoiqu’en pensent les auteurs de contes bleus et les utopistes ( par exemple John Rawls ).
Encore faut-il avoir l’honnêteté intellectuelle et le courage de l’admettre…
Ce qui fut la cas d’Homère et des Tragiques grecs, d’un Thucydide, d’un Machiavel… et même d’un Pascal mais certainement pas de l’auteur des Principes de la philosophie du droit dont les évagations politiques qui séduisent tant les statolâtres modernes et contemporains ne furent que le développement d’une pure spéculation gnostique (cf les trois catégories spéculatives tressées en série dans le contexte du réalisme conceptuel, cette faute de logique, ce pur verbiage : Die Weltgeschichte ist das Weltgericht, l’”esprit du monde” incarné dans l’”Histoire” est le “tribunal du monde” )…
Que veut dire Hegel avec son ” Esprit” ? demandait Victor Cousin… Question aussi judicieuse qu’impertinente.

Une remarque incidente, pour terminer, à destination de ceux qui cherchent leur inspiration chez les Anciens : peut-être vaudrait-il mieux consulter Antisthène qu’Aristote…

La 'patasophie : principes et concepts...

PRINCIPES DE ‘PATAPHILOSOPHIE

La ‘Pataphysique est la fin des Fins.

La ‘Pataphysique est le répertoire des Solutions imaginaires.

La ‘Pataphysique est le relevé indéfini des Singularités.

La ‘Pataphysique est l’Ascience.

CONCEPTS ELEMENTAIRES

1. Il y a…

2. Le vide.

3. Le hasard.

4. Le silence.

5. Le changement.

6. L’horreur.

7. La tragédie, l’existence.

8. L’agitation vitale, esclave et sociétaire.

9. Le théâtre du retrait: je regarde et me garde.

10. L’art poétique: le haïku, le fragment, l’oeuvre en archipel.

11. L’éthique ( Philosophie du départ ).

L’exil : choisir sa manière de s’évader. Indifférence, humour, politesse, lucidité.

12. Le consentement : s’attendre à tout, n’espérer rien.

De l'irrationalisme et du détachement ...

La critique de l’intelligence par l’intelligence aboutit aux conclusions suivantes :

1. Débilité et étroitesse de la raison humaine. Le monde excède notre conception. Notre science ne peut nous en donner qu’une figuration symbolique, à l’échelle humaine, bornée et sujette à révision.

2. Il est impossible d’établir la raison d’être de quoi que ce soit. Et le dogmatisme philosophique n’est qu’un illusoire acte de foi dans la puissance de la raison.

3. L’univers n’est pas un système complet et ne renferme pas de systèmes complets.

4. La contingence est la modalité de l’expérience. L’aléa, l’accident, la catastrophe et la crise sont l’ordinaire de l’univers représenté.

5. Prédominance du vouloir-vivre inconscient sur l’intelligence.

6. Présence des représentations obscures dans notre vie intellectuelle et morale.

7. Divergence de la logique intellectuelle et de la logique affective.

8. Divergence de la logique et du langage.

9. Fluidité insaisissable, incommunicable, intraduisible et inexprimable de notre subjectivité recouverte par notre personnalité sociale, superficielle et conventionnelle.

10. Malentendus et quiproquos sont l’ordinaire des relations sociales.

11. Confusion des idées morales, politiques, économiques ; variété indéfinie des usages, des coutumes et des moeurs.

12. Le monde n’est révoltant que pour une sensibilité candide assoiffée de vérité, de justice et de bonheur.

13. La conséquence pratique de l’argumentaire est l’égotisme esthétique, c’est-à-dire :

-l’affirmation de l’individualisme spectaculaire, attitude du contemplateur dégagé du monde de l’action, dédaigneux des intérêts, des croyances, des passions sur lesquels repose l’existence sociale, et qui ne considère la vie et la société qu’en tant qu’objets de curiosité.

-l’indifférence kuniste et la quiétude épicurienne de quiconque, affranchi des contraintes et des conventions, constitue la jouissance représentative en motif d’exister.

14. L’irrationaliste prend son parti de l’absence d’ordre, du désarroi cosmique, social et moral. Il ne souffre nullement de l’incohérence des choses. Il sourit aux chimères et aux idéaux rationalistes, aux idéologies artificielles, aux idéaux de convention, aux explications prétentieuses du passé, aux prévisions fallacieuses de l’avenir.

15. Il goûte à l’instantanéité et jouit du charme de la sensation présente.

16. Dédaignant la raison rigide et morose, sa musagète est la libre fantaisie.

Il ne participe pas.

Du complot...

04.02.09 | par Claude [mail] | Catégories: intelligibilité, chaos, antichaos, complot, Machiavel, théorie du complot

Récit

Après avoir mutilé Méduse, passant par l’Ethiopie, Persée rencontra Andromède, exposée sur un rocher en expiation de paroles imprudentes et impies de sa mère, Cassiopée. Il promit à Céphée, son père, de la délivrer contre la promesse du mariage.

Le fils de Danaé tua le monstre marin qui allait dévorer le jeune fille.

Cependant, Phinée, oncle d’Andromède, amoureux et jaloux, ourdit un complot contre le jeune homme ; celui-ci, montrant la tête de Gorgone à Céphée et à ses complices, les changea en statues de pierre.

Divagation

Figures métahistoriques de la dialectique du Pouvoir et de sa contestation, les intrigues de conjurés et les machinations des ligues constituent, selon Machiavel, l’une des grandes menaces dont le Prince doit absolument se prémunir.

Le complot est une forme classique de la rebellion. Projet dont le principal ressort est le secret qui couvre de sa discrétion et de sa pénombre les menées factieuses d’un parti.

L’histoire humaine, considérée à même l’événementiel, n’est, de fait, que succession de complots. Associations, clubs, réseaux d’influence, sociétés secrètes, Fraternités, lobbies… riche est la sémantique des acteurs de la cabale et de la brigue.

-La théorie du Complot est par contre l’une des grandes naïvetés d’une certaine historiographie moderne. Elle recherche une Intelligibilité, une manière de raison suffisante dissimulée derrière l’événement.

Négation du hasard et de la contingence, elle soupçonne, puis enquête, et rencontre inévitablement les signes correspondant à la grille interprétative qu’elle projette sur les phénomènes historiques qu’elle s’efforce de décrypter.

A l’opposé, l’historien critique et positiviste, avec son parti pris de… prudence méthodologique, ne convainc pas. Du fait même de cette prudence.

La modestie ne persuade pas.

Incapables d’accepter la banalité du réel, les hommes désirent le rêve et l’occulte sur lesquels ils peuvent fantasmer à loisir. Ici comme ailleurs, leur appétit de sens est insatiable.

Négation du chaos déterministe des intérêts, des passions et des idées, déni de réalité, la théorie du Complot -et son expression contemporaine, le conspirationnisme-, sont d’assez divertissantes visions religieuses et totalitaires de l’histoire.

Mythologiques 1.

chaos et antichaos : la contingence cosmique

L’univers en sa syntaxe.

1. Les mondes accessibles à la perception humaine offrent une apparence de multiplicité dénuée d’une quelconque harmonie.

Nul Englobant, nul Premier fondement, point de Finalité intégratrice … seule demeure aujourd’hui comme hier la dispersion.

L’idée de Cosmos -Idée spéculative, vision poétique ou simple hallucination-, n’a donc aucun référent empirique.

2. Les Singuliers et Particuliers ou coalescences éphémères ( particules, atomes, molécules, objets cosmiques, galaxies, amas… systèmes vivants, phénomènes anthropologiques ), les Singuparticuliers, dérivent, comme suspendus, soumis aux aléas de la communication, à la dialectique de la continuité et de la discontinuité.

3.1. L’échange est la matrice qui définit continuellement l’émergence locale de topologies, champs, réseaux, systèmes précaires mettant en correspondance ici et maintenant choses, états de choses, mélanges de choses et relations entre les choses.

Sur le plan d’immanence la circulation est le grand ordinaire.

3.2. Au sein de l’univers des relations et des échanges, sous l’effet d’incompréhensibles quoique fort explicables accidents, la circulation généralisée suscite ainsi des tourbillons locaux -vortex, ordres éphémères d’information, de stabilité aléatoire, d’équilibre momentané.

La discontinuité génératrice de désordre et d’ instabilité permet ainsi l’émergence de structures, d’organisations, de réseaux. L’accidentel est facteur d’innovation. La complexité est fonction de l’écart, du clinamen.

4. Pour comprendre ces réseaux tels qu’ils ne sont pas, il faut alors s’efforcer d’en discerner les détails et accepter de se perdre dans leur inépuisable hétérogénéité.

5. C’est pourquoi il n’est pas en notre pouvoir de parvenir à un Point de vue supérieur, à un point de vue aussi voisin que possible de celui du Dieu des philosophes ou du Démiurge des gnoses et autres littératures religieuses.

Et l’occultisme, naïve croyance à une réalité suprasensible secrète mais accessible aux pratiques de l’alchimie et de l’astrologie comme au bric à brac de l’ésotérisme, aux vaticinations du spiritisme ou encore de la théosophie, n’est que chimère et nostalgie du Sens.

Il est désir et vision d’Unité, de Totalité, de Systématicité, de Rationalité et d’ Intelligibilité… grandiloquents concepts d’un Plan et d’un Secret, cosmique Complot pour hallucinés.

Telles sont les catégories de la conscience opérative superstitieuse et inquiète.

6. De leur côté les univers particuliers, culturels, sociaux-économiques, financiers, politiques, juridiques, éthiques… n’échappent pas aux implications de la logique de l’ émergence inductrice des cycles, des circuits et des passages.

Embrayeuse de mobilités, d’informations et d’architectures variées, d’antichaos, elle remet continûment et simultanément en question la stabilité des réseaux naturels et artificiels, l’équilibre des organisations institutionnelles et administratives, la pérennité du gouvernement des hommes et de l’administration des choses ainsi que la logique des hiérarchies.

Elle est intrinsèquement, en permanence et en impermanence, puissance révolutionnaire.

La Patasophie dévoile cette incompréhensible et irréductible contingence et sa portée, de même qu’elle révèle le caractère nécessairement pataphysique ( imaginaire ) des fictions conceptuelles, qui s’efforcent d’en rendre compte.

blog.ognois.fr / brèves 'patasophiques

Philosophie pataphysique, chrestomathie

Septembre 2010
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      

Catégories

powered by b2evolution free blog software